du 15 mars au 17 avril 2010
mardi 20h30, mercredi, jeudi 19h, vendredi 20h30, samedi 15h30 et 20h30,
relâches dimanche et lundi
attention modification horaire : jeudi 8 avril 20h30
Le Théâtre de l'Amante anglaise
de Marguerite
Duras
création
Centre dramatique régional de Haute-Normandie / Théâtre des deux rives
coproduction Madani compagnie
conception Elizabeth
Macocco et Ahmed
Madani
mise en scène Ahmed Madani
avec Elizabeth Macocco, Laurent
Manzoni et Nicolas Pignon
photo Brigitte Enguérand
Dans ce texte troublant, Marguerite Duras s’inspire d’un fait divers
et explore les motivations d’une meurtrière. Les faits sont avérés et
les aveux prononcés, Pierre et Claire Lannes, les deux protagonistes,
consentent à se livrer. La criminelle ne saurait expliquer son geste,
l’interrogateur “cherche pour elle”, l’accompagnant dans la recherche
de ce qu’elle ignore d’elle-même. Dans un implacable face à face, sorte
de huis clos hors du temps et des logiques de l’enquête judiciaire,
Marguerite Duras met en lumière les silences de Claire Lannes, et nous
plonge dans l’abîme de notre matière humaine. Au contact direct des
spectateurs, dans un espace clos qui évoque à la fois le parloir d’une
prison, l’enceinte d’un tribunal, la cave du crime, l’hôpital psychiatrique,
les acteurs profèrent les mots comme autant de coups de marteau à équarrir
les bûches. Nul pathos, nulle flagornerie du jeu, nul effet de manche,
mais simplement la force des mots et leur implacable déterminisme. Ahmed
Madani
Marguerite Duras place ses personnages devant le rideau de fer du théâtre,
car la représentation n’a pas encore commencé ou est, peut-être, déjà
terminée ou pourquoi pas, ne peut avoir lieu. Ne restent alors que des
questions sans réponses et si les mots sont impuissants alors nulle
issue, nul partage, nulle compassion. Rien que la solitude de cette
drôle d’amante dont la bouche, à l’image du ciment du banc sur lequel
elle est assise, n’arrive plus à nommer le futur puisque l’amour salvateur
appartient définitivement au passé. Rien que l’enfouissement dans un
monde sans traces, un monde de liberté absolue qui nous enseigne que
raconter une histoire, essayer de comprendre une vie, c’est en faire
partie. Alors si écrire, c’est vivre, reste la question toujours posée
du comment et du pourquoi. Elizabeth Macocco
Les spectateurs sont répartis sur trois côtés d’une scène couverte
du sol au plafond de carreaux blancs. En cet espace proprement clinique,
on dirait que l’écriture est littéralement calligraphiée. Tout repose
sur le jeu, d’une précision millimétrée.
Jean-Pierre Léonardini - L’Humanité 18/01/2010
Marguerite Duras sous le regard d’Elizabeth Macocco et d’Ahmed Madani.
Une variation élégante et sensible autour de celle qui s’inspirait des
faits divers.
Nathalie Simon - Le Figaro 15/01/2010

photo
Brigitte Enguérand
Consulter le dossier de
presse