reprise du 2 au 15 mars 2009
pour 15 représentations supplémentaires

mardi 20h ; mercredi, jeudi 19h ; vendredi, samedi 20h30 ; samedi, dimanche 16h ;
et le lundi
2 mars à 20h30

Une chambre à soi
de Virginia Woolf

traduction Clara Malraux, Editions Denoël
adaptation Sylviane Bernard-Gresh

mise en scène Anne-Marie Lazarini

décor et lumières François Cabanat
costume Dominique Bourde

avec Edith Scob





Laissez-moi imaginer ce qui serait arrivé si Shakespeare avait eu une sœur merveilleusement douée, appelée, mettons, Judith.

Telle est la proposition qui sert de fil discret à la conférence que Virginia Woolf prononce en 1928 devant les étudiants de Cambridge, intitulée Les Femmes et le roman.

Mais quel rapport entre le texte Une chambre à soi et une conférence universitaire ? Apparemment aucun tant la pensée de l'écrivain avance et se brise, saute et se démultiplie en un foisonnement de questions (comme Pourquoi les hommes boivent-ils du vin et les femmes de l'eau ? Pourquoi un sexe est-il si prospère et l'autre si pauvre ? Quel est l'effet de la pauvreté sur le roman ?),* s'ouvre comme autant de fenêtres sur le monde qui l'entoure, où l'auteur puise des images qui se font écho, se creusent et se croisent, faisant surgir quelques bribes de vérité sur la femme et la création mais aussi et surtout sur les rapports du poète avec la réalité dans toutes ses complexités.

Cet essai fut un livre emblématique dans les années 70. Il a servi de référence pour la réflexion de toute une génération de jeunes femmes créatrices. Certes, aujourd'hui, la situation a changé (Oui ? Sûr ? Vraiment ?) et ces mots qui furent des brûlots, sans doute faut-il les réinventer : chaque fois qu'il est question de sorcières à qui l'on fait prendre un bain forcé, ou de femmes possédées par les démons ou de rebouteuses qui vendirent des herbes, je me dis que nous sommes sur la trace d'un romancier, d'un poète en puissance, de quelque Jane Austen silencieuse et sans gloire.*

Mais outre qu'il est bon de comprendre d'où l'on vient pour assumer l'héritage, aujourd'hui sans doute pouvons-nous rire avec un peu plus de légèreté du regard souvent caustique que la romancière jette sur la société, se laisser surprendre par une Virginia gourmande, qui n'est pas seulement cette femme éthérée et dépressive à laquelle on l'a souvent réduite (elle aime le saumon, le bon vin et les cigarettes écrit-elle ici) et surtout mieux entendre qu'Une chambre à soi est peut-être avant tout le lieu intime de toute création et particulièrement le creuset intérieur très intense où a germé l'écriture des plus grands romans de cet écrivain qui au même titre que Proust ou Joyce a ouvert la Modernité. Tous ces livres avec lesquels, après les avoir lus, on voit que le monde a été dépouillé de son enveloppe, doué d'une vie plus intense.*

Revivre ces quêtes d'hier, rire d'un regard posé sur le monde, questionner, atteindre la beauté et l'étrangeté d'une écriture, c'est dans ces territoires qu'une grande comédienne, Edith Scob, exigeante et précise, inattendue et poétique, singulière et pourtant ancrée dans le réel nous emmène.

Anne-Marie Lazarini et Sylviane Bernard-Gresh

* in Une chambre à soi



Une chambre à soi
et la presse...

De la difficulté d'être créatrice au féminin... Le récit, conférence et confidence tout ensemble, drôle et savant simultanément, est interprété par la mystérieuse Edith Scob. Fabienne Pascaud Télérama

Edith Scob révèle l'âme d'un auteur, d'une créatrice, d'un poète. Indiciblement légère et cependant d'une présence pleine et entière. Didier Méreuze La Croix

Un trio magique : Virginia Woolf, Edith Scob, Anne-Marie Lazarini. Tout arrive ! France Culture

L'interprétation d'Edith Scob révèle de l'auteur une femme pas uniquement fragile, mais gourmande, malicieuse, fougueuse même. N.V.E. Le Point

Anne-Marie Lazarini ne pouvait rêver meilleure interprète qui donne au texte toute sa haute dimension littéraire. Il faut aller entendre Edith Scob. Francois Ménager Petites affiches

La mise en scène d'Anne-Marie Lazarini met en lumière avec élégance et intelligence une représentation très réussie. Agnès Santi La Terrasse

Dans un espace superbe, immense bibliothèque imaginée par François Cabanat, la voix enchantée d'Edith Scob s'accorde parfaitement à celle qu'on imagine de Virginia Woolf à l'intelligence aussi lumineuse que douloureuse, dont la pensée roule sans cesse sur elle-même comme les volutes de la fumée de ses cigarettes. Armelle Héliot Le Quotidien du médecin

Le cadre chaleureux donne le ton : on va parler livres. Un texte d'une grande modernité, une passionnante réflexion avec un humour parfois féroce. Nathalie Simon Le Figaro


Pour aller plus loin...


Un être étrange, composite, fait ainsi son apparition. En imagination elle est de la plus haute importance, en pratique, elle est complètement insignifiante. Elle envahit la poésie d'un bout à l'autre ; elle est, à peu de choses près, absente de l'Histoire. Dans la fiction, elle domine la vie des rois et des conquérants ; en fait, elle était l'esclave de n'importe quel garçon dont les parents avaient exigé qu'elle portât l'anneau à son doigt. Quelques-unes des paroles les plus inspirées, quelques-unes des pensées les plus profondes de la littérature tombent de ses lèvres ; dans la vie pratique elle pouvait tout juste lire, à peine écrire, et était la propriété de son mari.*

L'œuvre de Virginia Woolf est cette année au cœur de l'actualité littéraire… ou plutôt, sa vie, puisque son journal " intégral " vient d'être publié mettant en lumière soudain quelque pan d'ombre de sa personnalité, quelque visage que des proches avaient gardé secret, quelque abîme que ses écrits n'avaient dévoilé. Dans les années qui se sont écoulées depuis sa mort, chacun des textes inédits que l'on a vu ressurgir permet d'appréhender son œuvre avec un nouvel éclairage, révélant justement l'extraordinaire magie de l'acte créateur qui, aussi intimement vécu soit-il, offre aux lecteurs (ou spectateurs) bien davantage que de simples expériences de vie… plutôt une perspective si grande que, des années plus tard, à la lumière d'éléments biographiques, il invite encore à la découverte.

Anne-Marie Lazarini aborde pour la quatrième fois cet auteur.
Un premier spectacle Des petits cailloux dans les poches lecture imaginaire avec Virginia Woolf tentait de donner une approche singulière de sa vie. A travers cinq romans (La Traversée des apparences, La Chambre de Jacob, Mrs Dalloway, La Promenade au Phare, Les Vagues) et quelques extraits du Journal d'un écrivain et de Instants de vie, était posée l'interrogation sur son suicide.
Puis, Un silence à soi à partir de quelques-uns des textes écrits à la première personne pour écouter Virginia Woolf parler de l'écriture… de la beauté de l'écriture.
Enfin, Anne-Marie Lazarini avait retrouvé l'écrivain sur la scène du Théâtre National de Chaillot, à travers le texte d'Edna O'Brien, Virginia : un portrait comme une " biographie de l'être " qui effleurait cette vie qu'elle définissait dans son Journal comme la traversée d'une étroite chaussée suspendue entre deux abîmes…

Avec Une chambre à soi Anne-Marie Lazarini confirme ainsi l'attachement tout particulier qu'elle porte à Virginia Woolf… de ceux qu'on éprouve pour un compagnon de création, une âme complice dont on peut s'éloigner un temps pour mieux en redécouvrir les riches profondeurs…

Les femmes ont pendant des siècles servi aux hommes de miroirs, elles possédaient le pouvoir magique et délicieux de réfléchir une image de l'homme deux fois plus grande que nature.*

* in Une chambre à soi



Portrait de Virginia


Ce qui me frappa tout d'abord, ce fut sa beauté. La beauté chez elle, comment dire ? C'était la charpente du visage, les os, les arcades sourcilières, le menton, un menton dessiné d'une façon si ferme, si décidée, si ascétique, que la bouche, aux lèvres pleines - une bouche sensible, douloureusement tendre - semblait une contradiction.

Dans son habillement ne se voyait qu'une acceptation passagère, accordée à contrecœur, des exigences de la mode, et pas la moindre coquetterie.

Elle laissait ses cheveux flotter en tout sens ; elle ne mettait jamais de fard - elle semblait totalement dénuée de vanité personnelle, et pourtant elle ne paraissait jamais autrement que belle. Parfois l'été, quand je travaillais dans l'atelier d'imprimerie, elle entrait au hasard et se mettait à composer, à distribuer les caractères de ses doigts agiles et sensibles, avec un air d'ange échevelé - traînant ses pieds nus glissés dans des mules, vêtue d'une chemise de nuit avec une grande déchirure de côté, sur laquelle elle avait vaguement jeté une robe de chambre, mais l'esprit loin, très loin de sa tâche mécanique.

A Monk's House dans la pièce du premier étage d'où l'on voyait le petit jardin avec son verger d'un côté et son bassin de poissons rouges de l'autre, elle aimait à s'asseoir sur sa chaise près du feu, à fumer dans un long fume-cigarette les fortes cigarettes qu'elle roulait elle-même, et elle parlait…

Sa conversation était pleine de surprises, de questions imprévisibles, de fantaisie et de rire - le rire heureux d'une enfant qui trouve le monde plus étrange, plus absurde et plus beau que quiconque ne l'aurait imaginé possible ; le rire semblait être son élément naturel en ces années-là. Elle était curieuse de la vie des autres. Si elle voyait quelqu'un dans la rue, elle voulait savoir ce qu'il mangeait au petit déjeuner, ce qu'il rêvait la nuit, qui était son père, etc. Elle était curieuse, passionnée et en même temps un peu naïve. Lorsqu'elle était en bonne santé elle était très active ; elle faisait de la marche et ne dédaignait pas les besognes de la maison, le ménage, la cuisine… Il m'est difficile de penser à elle comme à un personnage tragique.

Elle était tellement gaie… Elle parla beaucoup et librement de ses périodes de folie. Elle disait :
Au commencement de la guerre, j'étais folle…

Lors de notre dernière rencontre elle était plus élégante, ce qui veut dire que les bas de laine orange avaient été remplacés par des bas de soie jaune.

Physiquement elle révélait des signes de l'épreuve des dix dernières années. Elle était devenue plus anguleuse, plus osseuse, plus austère ; elle avait perdu la joliesse qu'elle pouvait avoir mais elle avait certainement conservé sa grande beauté. On voyait dans son attitude le plus curieux mélange de noblesse et de gaucherie. Que l'on imagine un Simone Martini congédiant l'ange de l'Annonciation pour rouler une cigarette ou faire une bonne promenade à pied de quatre miles dans les collines, et l'on percevra peut-être quelque chose de la subtile incongruité que j'essaie de suggérer.

Elle était l'une des rares êtres que j'aie rencontrés et dont je pense qu'ils étaient des génies. Naturellement les génies sont des êtres un peu plus compliqués que les autres… Je crois qu'elle était un génie car elle avait une façon tout à fait naturelle de penser, de parler et de regarder les choses et de vivre, mais elle avait aussi, par moment, une vision qui ne ressembla pas à la vision ordinaire…

(Virginia Woolf vue par Victoria Ocampo, Ralph Partridge, John Lehmann, Quentin Bell, Vita Sackville-West, Leonard Woolf)



Virginia Woolf
, biographie

1878 : Mariage de Leslie Stephen avec Julia Prinsep Duckworth. Ils s'installent au 22 Hyde Park Gate à Kensington (Londres) avec les enfants du premier mariage de Julia : Stella, George et Gerald. C'est là que naîtront leurs quatre enfants : Vanessa 1879, Julian Thoby 1880, Adeline Virginia 1882, et Adrian 1883.
1882 à 1894 : Leslie Stephen prend à bail Talland House à St Yves en Cornouaille où sa famille passera tous les étés.
1895 : Mort de Julia Stephen, mère de Virginia. Celle-ci a sa première dépression nerveuse. Première tentative de suicide.
1897 : Mort de Stella Duckworth sa demi-sœur.
1898 : Virginia suit des cours de grec et d'histoire au King's College de Londres ; prend des cours de latin.
1904 : En février, mort de Sir Leslie Stephen, père de Virginia. En mai, début de la deuxième sérieuse dépression de Virginia. En décembre, première publication de Virginia d'une critique non signée qui paraît dans The Guardian.
1905 : Virginia entreprend de donner un cours hebdomadaire au Morley College. Thoby et ses sœurs commencent à recevoir leurs amis (Lytton Strachey, Leonard Woolf, Clive Bell, Duncan Grant, Saxon Sydney-Turner) tous les jeudis soirs, au 46 Gordon Square, Bloomsbury.
1906 : Voyage en Grèce de toute la famille Stephen. 20 novembre : Thoby meurt de la fièvre typhoïde.
1907 : Mariage de Vanessa avec Clive Bell. Virginia travaille à son premier roman qui deviendra La Traversée des apparences.
1909 : Lytton Strachey fait une proposition de mariage à Virginia. Ils renoncent à ce projet d'un commun accord. En août, Virginia va à Bayreuth pour le Festival Wagner.
1910 : Virginia propose sa collaboration au Vote des Femmes. Juin-août : elle subit un traitement dans la maison de santé de Miss Thomas à Twickenham.
1911 : En juillet : Leonard Woolf rentre de Ceylan pour un congé et retrouve les Stephen et Bell. En novembre, Virginia commence à habiter au 38 Brunswick Square, une maison qu'elle partage avec Adrian, Maynard Keynes, Duncan Grant et Leonard Woolf.
1912 : En janvier : Leonard Woolf demande à Virginia de l'épouser. Le 10 août : mariage de Virginia Stephen et de Leonard Woolf. Pendant plusieurs mois Virginia souffre de maux de tête.
1913 : Virginia est de plus en plus dépressive et malade. Séjour dans une maison de santé. 7 septembre : tentative de suicide. Vers la fin de l'année, son état s'améliore.
1914 : 4 août : Déclaration de guerre. Virginia et le groupe de Bloomsbury se déclarent pacifistes.
1915 : Virginia commence à écrire un journal. Début d'une rechute de dépression mentale. 26 mars : publication de La Traversée des apparences, suivie d'une crise très violente.
1916 : Virginia fait des conférences devant la section de Richmond de l'association coopérative féminine.
1917 : Les Woolf achètent une presse à imprimer. C'est la naissance de la Hogarth Press.
1919 : Les Woolf achètent Monk's House à Rodmell. Publication de Nuit et jour.
1922 : La Hogarth Press publie La Chambre de Jacob. En décembre, Virginia rencontre Vita Sackville-West qui inspirera le personnage d'Orlando.
1923 : Janvier : Mort de Katherine Mansfield liée d'une amitié orageuse avec Virginia.
1925 : Publication de The Common Reader (textes critiques) et Mrs Dalloway (en mai). Virginia mène de mai à juillet une vie mondaine. En août, elle s'effondre ; elle restera malade jusqu'en décembre.
1927 : Publication de La Promenade au phare. Voyage à Cassis.
1928 : Publication d'Orlando.
1929 : Nouveaux voyages à Berlin et à Cassis. Elle souffre de maux de tête épisodiques et de mélancolie. Publication de Une chambre à soi suite à une série de conférences données à Cambridge et destinées aux " colleges " féminins de cette université.
1931 : Publication de Les Vagues.
1932 : En janvier, mort de Lytton Strachey.
1933 : Virginia se voit offrir et refuse un doctorat honoris causa de l'Université de Manchester. Elle refusera aussi, six ans plus tard, celui de l'Université de Liverpool. Publication de Flush, biographie du chien d'Elisabeth Barret-Browning. Elle suit avec Leonard le Congrès du parti travailliste.
1934 : Elle souffre de maux de tête. Mort de Roger Fry, en septembre. Elle commence à écrire Les Années.
1936 : Les Woolf assistent en février à une réunion de Vigilance, organisation d'intellectuels antifascistes. Elle corrige les épreuves de Les Années dans de grandes souffrances.
1937 : En juillet, son neveu Julian (fils de Vanessa) est tué pendant la guerre d'Espagne. En octobre, elle termine Trois Guinées.
1938 : Mars : Hitler envahit l'Autriche.
1939 : Les Woolf rencontrent Sigmund Freud à Hampstead. 1er septembre : l'Angleterre déclare la guerre. Les réunions du parti travailliste ont lieu chez les Woolf.
1940 : Virginia est presque constament malade et alitée. Publication en juillet de La Vie de Roger Fry. Leur maison de Londres est gravement endommagée par les bombardements.
1941 : En février : Virginia achève Entre les actes. Son état se détériore de plus en plus. Le 28 mars, Virginia se noie dans l'Ouse. Elle laisse une lettre à Leonard et une autre à Vanessa. Elle avait planté au bord de la rivière sa canne surmontée de son chapeau et rempli ses poches de pierres… Son corps sera retrouvé quinze jours plus tard.



Virginia Woolf
, bibliographie

Toutes les oeuvres de Virginia Woolf ont été publiées pour la première fois par la Hogarth Press, la maison d'édition de Leonard et Virginia.

La Traversée des apparences (The Voyage Out, 1915),
Le Cahier Gris 1948 [roman]
Nuit et jour (Night and Day, 1919),
Catalogne 1933 [roman]
La Chambre de Jacob (Jacob's room, 1922, écrit en 1920), Stock 1942 [roman]
Mrs Dalloway (Mrs Dalloway, 1925), Stock 1929 [roman]
La Promenade au phare (To the Lighthouse, 1927), Stock 1929 [roman]
Orlando (Orlando, 1928), Stock 1929 [roman]
Les Vagues (The Waves, 1931), Stock 1937 (traduction Marguerite Yourcenar) [roman]
Les Années (The Years, 1937) Stock 1938 [roman]
Entre les actes (Between the acts, 1941) Charlot 1945 [roman]
Freshwater Edition des femmes 1981 [comédie]

L'Art du roman (Extraits The Common reader, 1925-1938) Seuil 1962 [critique]
Une chambre à soi (A room of one's own, 1929) Robert Marin 1951 [essai]
Trois Guinées (Three Guineas, 1938) Editions des femmes 1977 [essai]
Le Livre sans nom : Les Pargiters Editions des femmes 1985 [essai]
De la lecture et de la critique Edition des femmes 1988 [essai]
Entre les livres (Essais sur les littératures russes et anglo-américaines)
La Différence 1990 [essai]
Essais Seghers 1976 [essai]
Les Fruits étranges et brillants de l'art Edition des femmes 1983 [essai]

Flush (Flush, 1933), Stock 1935 [biographie fantaisiste]
La Vie de Roger Fry (Roger Fry a biography, 1940) Rivages/Poche 2002
La Maison hantée (The haunted house, 1943) Charlot 1946 [nouvelles]
La Fascination de l'étang Seuil/Points 1990 [nouvelles]
La Mort de la phalène Seuil 1968 [nouvelles]
La Maison de Carlyle et autres esquisses Mercure de France 2004 [textes]
Le Journal d'un écrivain (A writer's diary, 1953) Editions du Rocher 1958
Instants de vie (Moments of being, 1976) Stock 1986 [textes autobiographiques]
Journal (The Diary of Virginia Woolf, 1981-1990) Stock 1981-1990, 8 volumes
Quatre lettres cachées Christian Bourgois 1995
Journal d'adolescence 1897-1909 Stock 2001
Le Journal de Hyde Park Gate (journal d'enfance de Virginia Woolf, sa sœur et son frère) Mercure de France 2006
Journal intégral, 1915-1941 Stock 2008
Lettre à un jeune poète (A letter to a young poet, 1932) Arléa 1995
Lettres Seuil 1993
Correspondance Vita Sackville-West Virginia Woolf Stock 1985

[biographie]

Quentin Bell : Virginia Woolf biographie tome 1 (1882-1912) Stock 1973
Quentin Bell : Virginia Woolf biographie tome 2 (1912-1941) Stock 1974
Hermione Lee : Virginia Woolf ou l'Aventure intérieure Autrement Littératures 2000



L'équipe artistique d'Une chambre à soi


Edith Scob
Elle fait ses débuts au cinéma dans les films de Georges Franju : La Tête contre les murs, Les Yeux sans visage, Judex, Thérèse Desqueyroux… Elle tourne également avec Julien Duvivier, Jean-Pierre Blanc, Luis Buñuel, Jacques Rivette, Pedro Costa, Gabriel Aghion, Michel Soutter, Pierre Richard, Viviane Candas, Diane Bertrand, Tonie Marshall…
AU CINEMA, on l'a vue récemment dans L'Heure d'été d'Olivier Assayas et Didine de Vincent Dietschy. Elle a joué entre autres dans Un camion en réparation d'Arnaud Simon, La Question humaine de Nicolas Klotz, Suzanne et les vieillards de Viviane Candas, Le Temps retrouvé de Raul Ruiz. Elle a travaillé avec Martine Doyen notamment dans La Comédie de l'innocence, Le Domaine perdu, Les Âmes fortes et Black Out. On l'a vue aussi dans La Fidélité de Andrezej Zulawski, Vidocq de Pitof, Le Pacte des loups de Christophe Gans, L'Homme du train de Patrice Leconte, Bon Voyage de Jean-Paul Rappeneau, La Chambre des magiciennes de Claude Miller ou Vénus Beauté de Tonie Marshall…
AU THEATRE, elle a joué des textes de Duras, Adamov, Tchekhov, Rilke, Ibsen, Strindberg, Minyana, Anouilh… sous la direction d'Antoine Vitez, Claude Régy, Luc Bondy, Michaël Lonsdale, Olivier Werner… Elle travaille une première fois avec Anne-Marie Lazarini pour La Ville marine de Jacques Guimet. On l'a récemment vue dans L'Eclipse du 11 août de Bruno Bayen mis en scène par Jean-Pierre Vincent au Théâtre National de la Colline, Déjeuner chez Wittgenstein de Thomas Bernhardt mis en scène par Hans Peter Cloos à L'Athénée théâtre Louis Jouvet et Théâtre Montparnasse, Eva Peron de Copi mis en scène de Gloria Paris à L'Athénée théâtre Louis Jouvet, Le Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare, La Princesse blanche de Rainer Maria Rilke mis en scène de Yannis Kokkos… Elle a également mis en scène Le Gars de Marina Tsvetaeva au Festival d'Avignon et à la Maison de la Poésie, Où vas-tu Jérémie ? de Philippe Minyana créé au Festival d'Avignon (repris au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis), Habitations de Philippe Minyana à Théâtre Ouvert, Cousinons la cousine avec Martine Viard au Théâtre de la Bastille.
Au théâtre Artistic Athévains, elle a lu L'Eté 80 de Marguerite Duras.

Anne-Marie Lazarini
Anne-Marie Lazarini occupe différentes fonctions dans la vie théâtrale française. Comédienne, traductrice de russe, elle est essentiellement un metteur en scène reconnu nationalement. Elle a créé la plupart de ses spectacles au théâtre Artistic Athévains qu'elle dirige avec Dominique Bourde et François Cabanat. Dans son théâtre situé au centre de Paris dans un quartier populaire, elle propose une programmation axée sur la découverte de grands textes classiques peu connus ou la création d'auteurs contemporains. Elle accueille des spectacles de metteurs en scène proches de sa démarche artistique. Un axe international, des lectures-découvertes de textes et un travail de rencontres originales avec le public, forment un contrepoint aux spectacles proposés dans la durée. Avec ses acteurs elle a créé une relation particulière, à mi-chemin de la troupe et du groupe de recherche. Ils forment une équipe très présente dans le théâtre où ils ont toute latitude pour réaliser leurs projets et utiliser les équipements.

*SES MISES EN SCENE :
Mathusalem ou l'Eternel Bourgeois d'Yvan Goll, Les Mauvais Bergers d'Octave Mirbeau, La Fortune de Gaspard d'après la Comtesse de Ségur (au Théâtre National de Chaillot), Des petits cailloux dans les poches, lecture imaginaire avec Virginia Woolf (festival de La Rochelle), Jacques Thibault, d'après Les Thibault de Roger Martin du Gard, Un silence à soi d'après Virginia Woolf, L'Orage d'Alexandre Ostrovski (enregistré pour TF1), Le Deuil éclatant du bonheur prélude à Katherine Mansfield écrit par Monique Fabre, La Ville marine de Jacques Guimet, Les Amoureux de Carlo Goldoni, Le Timide au Palais de Tirso de Molina, La Fille de Rimbaud de Jacques Guimet, Vassa Geleznova de Maxime Gorki, L'Étrange histoire de Peter Schlemihl d'Adalbert Von Chamisso (Création au Théâtre 14 / Jean-Marie Serreau), Le Poids du corps d'Alain Pierremont (Création Les Gémeaux / Sceaux - La Coupole / Combs la Ville), Virginia d'Edna O'Brien, (au Théâtre National de Chaillot 1996), La Traviata de Giuseppe Verdi (opéra monté à L'Apostrophe, Scène Nationale de Cergy-Pontoise 2005).

Et au théâtre Artistic Athévains remis à neuf en 1996 :
La Station Champbaudet d'Eugène Labiche (1996)
Éloge du cycle d'Alain Pierremont, Joël Jouanneau et Gilles Costaz (1997)
La Puissance des ténèbres de Léon Tolstoï (1998)
Frères Volcans de Vincent Placoly (1998)
Pluie et vent sur Télumée Miracle d'après Simone Schwarz-Bart (1999)
L'Habit vert de Robert de Flers et Gaston de Caillavet (enregistré pour Multivision théâtre) (2000)
Les Travaux et les Jours de Michel Vinaver (2000)
Ici ou ailleurs de Robert Pinget (2002)
Labiche en 3 actes composé de Mon Isménie, Le Dossier de Rosafol et Les Suites d'un premier lit d'Eugène Labiche [et au Festival des Jeux du théâtre de Sarlat (2003)]
George Dandin de Molière (enregistré pour Multivision théâtre) (2004)
Outside / La Vie matérielle de Marguerite Duras (2005, reprise en 2006) Mariage(s) composé de Hyménée de Gogol et La Noce de Tchékhov (2005)
Le Mariage secret de Domenico Cimarosa (Opéra) [et au Festival d'Auvers sur Oise (2007)]
Mère Courage et ses enfants de Bertolt Brecht [et au Festival des Jeux du théâtre de Sarlat (2008)]
Une chambre à soi de Virginia Woolf (2008)

*SES PROJETS :
Elle prépare pour la saison 2009-2010 deux mises en scène de Portrait d'une femme de Michel Vinaver : une en russe, dans une traduction revue par Michel Vinaver, pour le Théâtre du Drame d'Ekaterinbourg (Oural, Russie) puis le théâtre Artistic Athévains. Une en français qui se jouera dans différentes villes de province, en particulier à Marseille au Théâtre de la Criée, et en Suisse à Neuchâtel au Théâtre du Passage (avec Jocelyne Desverchere dans le rôle titre et Gabriel Dufay).
Anne-Marie Lazarini sera aussi au Festival des Francophonies en Limousin en septembre 2008, pour mettre en espace différents textes d'auteurs québécois (commande du Centre des Auteurs Dramatiques de Montréal).

François Cabanat
Architecte D.L.G.P., il s'oriente très vite vers la scénographie. Il a conçu les décors de tous les spectacles d'Anne-Marie Lazarini. Il a également travaillé pour Jacky Bailliard, Jean-Pierre Nercam, Viviane Théophilides, Henri Lazarini... Il a élaboré le programme de restructuration du théâtre Artistic Athévains en étroite collaboration avec les architectes Alain Enard et Vincent Poirier.
Artiste plasticien, il a présenté plusieurs expositions personnelles, en particulier à la galerie Jacques Casanova.

Dominique Bourde
Elle dirige avec Anne-Marie Lazarini et François Cabanat le théâtre Artistic Athévains à Paris. Elle a conçu les costumes de tous les spectacles d'Anne-Marie Lazarini.